Interview
Anthony de Pékin Express revient sur son aventure

Compétiteurs acharnés de la baie d’Along au Vietnam jusqu’à leur défaite à Sukhothai en Thaïlande, on peut dire que Christopher et Anthony n’auront jamais démérité dans cette nouvelle aventure de Pékin Express. Avec Anthony, nous revenons sur un parcours riche en émotions qui leur aura fait visiter quatre pays et partir à la rencontre de nombreuses civilisations parmi les plus reculées. L’ami de Christopher, qui, il y a tout juste deux ans, a perdu 60 kilo, et s’est préparé avec lui en faisant le tour de France en stop l’été dernier, nous parlera aussi de ses relations avec les autres binômes, de son apprentissage du vélo au Laos, et nous racontera également ses plus beaux souvenirs de la course.
« On a voulu être raccord avec Camélia-Jordana ! »
Anthony, pas trop déçu d’avoir été éliminé lors de cette septième étape ?
Anthony : Pas du tout, on a voulu être raccord avec notre Nouvelle Star, Camélia Jordana. Etre éliminés de notre téléréalité la même semaine qu’elle, c’est la plus belle marque de soutient qu’on pouvait lui donner. Et puis, comme j’ai eu l’occasion de le dire en plateau, on a déjà vécu tout ce qu’il y avait à vivre en participant à ce Pékin Express. Nous avons parcouru quatre des cinq pays de la course, rencontré de nombreux habitants qui nous ont accueillis, aussi bien chez eux que dans leur voiture, remporté une épreuve d’immunité, et une amulette, de la plus belle manière qui soit. Nous nous sommes fait de nombreux amis parmi nos concurrents, nous avons dormi dehors, mangé des araignées… Bref que nous restait-il à voir, si ce n’est, hélas, la finale ?
Au delà du simple plaisir de l'aventure, vous sembliez tout de même être de vrais compétiteurs.
Anthony : En effet, en nous engageant pour Pékin Express nous savions qu’il s’agissait d’une compétition sérieuse que nous devions jouer de manière fairplay et loyale. Lors du casting final, la directrice de casting avait pourtant pour seule crainte que nous ne soyons pas suffisamment axés compétition. Dès le départ nous avons donc eu à cœur de lui prouver le contraire.
Certains, aussi bien parmi vos concurrents, que dans le public, semblent ne pas avoir approuvé vos méthodes.
Anthony : C’est parce qu'à la télévision, et plus précisément dans la téléréalité, qui semble être la moins sérieuse des programmations, la notion de fairplay est une notion qui se perd un peu dans celle du copinage. Ce que je veux dire par là, c'est que par soucis de proposer une gentille fiction, on sentimentalise à tort ce qui n'est pourtant qu'une simple compétition avec des règles à appliquer. Si nous sautions sur toutes les voitures et ne les négocions que pour nous, c’était non seulement par souci de victoire, mais aussi pour une évidente raison de fairplay : avantager certains binômes en les aidant aurait constitué un désavantage certain pour ceux que nous n’aurions pas aidé. Personne lors d’un marathon ne s’arrêterait pour porter sur son dos un concurrent essoufflé, cela n'aurait pas de sens, et cela serait d’ailleurs lui manquer de respect. Je pense qu’à ce niveau là nous n’avons pas démérité.
« Le jeu a prit l'allure malsaine d'un Koh Lanta »
Lors de la cinquième étape, celle du mixage des équipes, peut-on dire que ce comportement vous a porté préjudice ?
Anthony : Connaissant bien le programme, j’avais mis en garde mes camarades dès le premier jour en leur disant qu’il ne fallait surtout pas sentimentaliser cette étape et garder à l’esprit que l’on devrait tous jouer le jeu sans s’en tenir rigueur après coup. Cette étape n’était scénaristiquement destinée qu’à créer des tensions et des rivalités au sein du groupe et ce piège me semblait évitable si tout le monde y allait en ayant bien conscience de la chose. Hélas, c’est là que les effets pervers du copinage se sont fait ressentir. Quatre binômes ont refusé de respecter les règles en ne se ralentissant pas. Le fairplay invoqué par ces binômes n’avait rien à voir avec leur véritable stratégie qui consistait simplement à ne pas se ralentir afin que Marlène et Sébastien arrivent en dernière position. Dès lors, le jeu n’avait plus rien d’une compétition saine, mais prenait plutôt des allures de Koh Lanta. On choisissait le binôme avec lequel on avait le moins d’affinités et on l’éliminait.
Comment l'avez-vous vécu ?
Anthony : J’appréciais tout le monde, donc ça me faisait de la peine, autant pour Marlène et Corinne que pour mes camarades qui montraient les plus mauvais côtés de leur débordante humanité. Les insultes d’Albert que l’on a vu au matin du troisième jour étaient sans commune mesure avec celles qu’il a prononcées le soir du deuxième jour et qui n’ont pas été montrées lors du montage final. Maintenant il faut aussi savoir que mon entêtement était loin d’être uniquement lié à l’absence de fairplay de mes camarades. Christopher était derrière et je jouais également ma tête, il ne faut pas l’oublier. Mais ce qu’il faut surtout retenir, et que je tiens absolument à mettre en avant dans cette interview, c’est qu’aujourd’hui tous mes camarades et moi-même sommes réconciliés. Nous avons vécu ensemble une grande aventure, et forcément ça forge des liens. J’en viens même parfois à regretter mon comportement lorsque j’ai taquiné Jacky au départ en allant flâner dans les magasins et les salons de massages. C’était maladroit, et même si ça passe mieux à l’écran que d’être cash, j’aurais du être plus franc dès le départ pour ne pas créer cette rupture de tension.
« Vivre une grande aventure ensemble ça forge des liens »
Vous dites avoir tissé des liens étroits avec vos compagnons de route, pouvez-vous nous dévoiler la nature de ces liens ?
Anthony : C’est compliqué car il faudrait parler de tout le monde un par un. Jacky est sans doute l’homme qui m’a le plus touché. Il est venu faire Pékin Express en touriste et se fichait éperdument de la compétition. Tout ce qui comptait pour lui, c’était d’aller à la rencontre des gens. C’est aussi un compteur d’histoires fabuleux, doublé d'un vrai poète. Il est d’une humanité transcendante. Ayant pour ma part grandi sans père j’ai souvent pensé qu’il aurait pu être pour moi une figure paternelle incroyable. Et comment parler de papa sans parler de maman. Dans cette aventure il y a l'inoubliable Corinne. Nous ne venions pas du même milieu et n’avions certainement pas le même âge mais une réelle amitié est pourtant née entre nous. L'affection que nous nous portons aujourd'hui est proche de celle qui peut exister au sein d’une relation mère-fils et je la revois encore sur Paris dès que j’en ai l’occasion. Après la famille on peut également parler des amis. Hocine, Seb, et Caro. Dès que la compétition s'arrêtait, Christopher et moi passions tout notre temps avec eux. Ce sont vraiment d’excellents amis avec lesquels on peu déconner et philosopher dans le même quart d'heure. J’ai aussi beaucoup d’affection pour Jean-Luc, d'une sincérité et d'une loyauté rare, ainsi que pour Marcelle et Nicole, et j’ai même par moment un peu craqué pour Alexia. Vous voyez, Pékin Express en définitive c'est un peu une grande famille. On a nos moments de tensions, mais pour finir on s'aime tous. Et j’en profite pour embrasser Pauline, et Albert dont l'amour pour Laurence est une vraie source d'inspiration pour tous !
Au-delà de l’aventure humaine au sein du groupe, à quoi ressemblait celle que vous avez vécue avec les locaux ?
Anthony : Comme vous le savez sans doute, Christopher et moi nous sommes préparés pour Pékin Express en faisant le tour de France en stop durant une semaine du mois d'août 2008. Mais lors de ce tour de France nous étions loin d’avoir vécu l'expérience proposée par Pékin Express dans son entiereté. Mis à part les un euro par jour que nous dépassions régulièrement, nous n’avions qu’une tente pour dormir, sur les ronds points, dans les champs, sur les aires d’autoroute, un peu partout… Dans Pékin Express, ce fût différent. L’unique euro dont nous disposions nous obligeait en permanence à aller au contact des locaux. Un contact que nous étions de toute façon venu chercher et qui s'est avéré réellement enrichissant tant chaque rencontre fût différente. Il y a eu ce premier grand père au Vietnam qui nous parlait des français qu’il avait du tuer pendant la guerre, mais qui nous souriait tendrement et posait sa main sur nos genoux en nous resservant du thé. Il y a aussi eu cette famille aisée, dont le jeune fils parlait français, qui nous a payé un bus VIP et nous à offert des frites à déguster à la baguette parmi d’autres mets plus typiques, mais il y a eu également une autre rencontre. Celle là représente sans doute notre plus beau souvenir du voyage.
Et bien justement, racontez-nous votre plus beau souvenir.
Anthony : Suite à la troisième étape nous attendions le classement depuis plusieurs heures dans la montagne du Wat Phnom Santuk, lorsqu’une moine est venu nous apporter des bonbons. Plus tard dans la soirée nous l’avons retrouvée dans la salle de prière où nous étions accueillis pour la nuit et nous sommes allés prier avec elle. Après ce moment de recueillement elle m’a appelé et m’a remis un grand sac contenant de nombreuses vivres issues des différents Sla Dak (les offrandes) qu’avaient reçu le temple. Elle m’a fait signe de ne les partager qu’avec Christopher et m’a alors demandé de l’appeler. Lorsqu’il est arrivé elle nous a remit deux lettres écrites en Khmer. Nous sentions toute sa bonté et sa générosité envers nous, mais nous n’avons pas pu échanger le moindre mot avec elle, pas même en Anglais. Nous l’avons tout de même chaleureusement remerciée et arrivés au Laos nous avons enfin pu faire traduire ses lettres. Sur la première elle nous écrivait qu’elle avait ressenti notre bonté, qu’elle nous considérait comme ses enfants, et qu’elle prierait les esprits de sa montagne pour qu’ils nous guident afin que nous allions le plus loin possible dans cette aventure. La seconde était une lettre de recommandation du Wat Phnom Santuk qui demandait à tous les Cambodgiens qui croiseraient notre route de nous apporter leur aide et leur soutient durant notre périple. Aujourd’hui encore, je suis ému lorsque je raconte cette histoire.
« Pékin Express c’est plus d'une anecdote par jour »
Avez-vous d’autres anecdotes aussi saisissantes ?
Anthony : Avec Pékin Express c’est au moins une anecdote par jour si ce n’est plus. Je me souviens par exemple de la tarentule que j’ai mangée. Lorsque l’épreuve a eu lieu je n’en avais vraiment pas envie et mes camarades sentant ma répulsion m’avaient laissé en arrière dans la file. Presque par chance mon équipe a perdu au moment où mon tour arrivait. Je ne me suis pourtant pas dégonflé. Malgré l’absence d’enjeux j’avais finalement envie de vivre la même expérience que les autres, j’étais venu sur Pékin Express pour ça, mais j’avais également envie de prouver ma solidarité envers le groupe. J’ai donc attrapé ma tarentule et je l’ai croqué d’un coup sec. Je me souviens également des longues parties de loups-garous auxquelles nous jouions lors des « tent camp », j’avais découvert ce jeu lors de mon job d’animateur à Sanary-sur-mer, et visiblement, il a eu du succès. Et puis, j’ai également appris, à 22 ans, à faire du vélo au Laos. L’idée de pouvoir un jour raconter ça à mes petits-enfants, ça n’a pas de prix.
Un mot de conclusion pour ceux qui aimeraient eux aussi tenter de s’inscrire pour Pékin Express ?
Anthony : Surtout, partez en ayant bien conscience des choses, de l’aventure et de ses à côtés. Soyez à la fois lucides et innocents. Profitez de chaque jour là bas comme si c’était votre dernier jour de course. L’aventure est belle, les paysages magnifiques. Les gens sont souvent d’une extraordinaire chaleur humaine, et vous n’aurez que rarement l’occasion de vivre une telle compétition à travers le monde. Pour ceux qui hésitent encore et qui, finalement, ne franchissent pas le pas, par peur de ne pas être sélectionnés, je ne vous dirai qu’une chose. Remplir le dossier sérieusement ne prend pas plus d’une demi-heure, et après tout, on ne sait jamais. Peut-être qu’on vous rappellera ?