jeudi 25 juin 2009

Billet

Nous soutenons l'association Apashe





Durant notre merveilleuse aventure nous avons eu l'occasion de rencontrer deux personnes qui sont rapidement devenues des amis chers à nos coeurs, il s'agit d'Hocine et Sébastien. Au delà de leur sincérité et de leur joie de vivre communicative, ce sont également deux personnes très généreuses. Ils étaient en grande partie responsable de la bonne humeur qui régnait au sein du groupe entre toutes les étapes et nous avons eu beaucoup de plaisir à les revoir hors du contexte de l'aventure.

Si Hocine et Sébastien se sont inscrit à Pékin Express c'est pour les mêmes raisons que nous, l'aventure, le voyage, la rencontre avec les populations locales, et l'envie de peut-être améliorer leur confort de vie, mais eux avaient également une raison supplémentaire. Faire découvrir leur association, L'association Apashe, qu'ils avaient à coeur de défendre.

Ils ont créé cette association à but non lucratif en 2005, tout les deux, par leur propre moyens, avec pour objet d'initier, de soutenir et de supporter différents projets et actions à destination des habitants des pays en voie de développement, mais aussi d'Europe. Ils ont par exemple construit des classes d'écoles au Bénin et au Burkina-Faso, un stade de football au Maroc, donné des cours de Hip-Hop en Norvège, aidé au développement scolaire au Mexique, etc...

Nous nous sommes d'ores et déjà engagés auprès d'Hocine et Sébastien à les aider dans la mesure du possible à financer et à participer à leurs futurs projets. Mais vous aussi vous pouvez nous aider. Pour cela rien de plus simple. Envoyez un don, ou même une lettre de soutient à l'adresse suivante.


Association "Apashe"
La solidarité Bt E 38 Chemin de la Bigotte
Appt 843
13015 Marseille

Et n'oubliez pas chaque euro compte, même symbolique. :-)


Retrouvez l'associastion d'Hocine et Sébastien à l'adresse suivante :
http://apashe-association.org/index.html



mercredi 24 juin 2009


Interview des coulisses de la TV

(Version non censurée)


Christopher & Anthony bonjour. Vous êtes la seconde équipe éliminée à cause du drapeau noir, cela doit rendre la défaite encore plus amère ?

Anthony : Bien au contraire, comment être amère suite à une défaite qui n’y ressemble que très peu ? Nous sommes arrivés à trois équipes sur la carpette, et il se trouve que même si nous n’étions pas derniers, nous avions le drapeau noir. De plus sur seulement 300 kilomètres, et avec quatre routes au choix pour six binômes restants, ce drapeau noir n’était pas destiné à être transmis. Mais au delà de ça, ce qui nous étonne aujourd’hui ce sont les règles concernant son attribution. En effet lors de la seconde étape ce drapeau avait été remis à Marlène et Corinne pour être arrivées en dernière position à l’épreuve d’immunité. Pékin Express étant une course, quoi de plus logique ? En revanche lors de l’étape durant laquelle s’est jouée notre élimination, ce même drapeau noir a été attribué à Albert et Laurence pour être arrivés second à l’épreuve d’immunité, derrière Hocine et Sébastien qui avaient remporté le trek à travers la jungle dès le premier jour. Cette étonnante récompense leur a logiquement permit de nous pénaliser suite au violent conflit qui nous avait opposé quelques jours plus tôt.

Christopher : Et bien en dépit de ce que l'on pourrait croire avoir été éliminé à cause du drapeau noir, dont les conditions de remise nous on d'ailleurs plus que surpris,ne nous a pas laissé un goût d'amertume. En effet notre élimination n'est pas sanctionnée par une mauvaise performance en auto-stop mais uniquement par une règle aléatoire. De plus après avoir traverser d'aussi magnifiques paysages et avoir fait d'aussi belles rencontres à travers le Vietnam, le Cambodge, le Laos, et la Thaïlande, il devient difficile pour ma part de ressentir la défaite en tant que telle. Il n'est sans doute pas usurpé de dire que l'aventure nous a tout offert ou presque à ce stade du jeu. Nous sommes donc plus que satisfait de notre périple à travers le sud-est asiatique.

Ce drapeau noir vous a été remis par Albert & Laurence. Pensez-vous que ce soit la conséquence de votre différent lors du mixage des équipes ?

Anthony : C’est une évidence. Albert était venu s’excuser dès la fin de l’étape et nous sommes aujourd’hui redevenus les excellents amis que nous étions auparavant. C’est un homme plein de qualités et son amour pour Laurence est un exemple pour chacun de nous. Hélas, il s’était emporté lors de cette cinquième étape et nous a donc remis le drapeau noir lorsqu’il a du choisir quelqu’un, je ne lui en veux pas. Ce sont les règles de la compétition.

Christopher : C'est évident et nous le déplorons car même s'il est vrai que lors de l'épreuve des équipes mixées Albert et Anthony ont eu des différents, nos relations sont très vite redevenues amicales. Malheureusement Albert et Laurence devaient décider à qui remettre le drapeau noir, et il semblait évident qu'à ce moment précis du jeu nous étions le binôme avec lequel ils pensaient avoir le moins d'affinités.

Lors de cette étape où les équipes ont été mixées, n’avez-vous pas le sentiment d’avoir pris un peu trop au sérieux votre rôle de ralentisseur ?


Anthony : Lorsque l’on s’engage dans une compétition telle que Pékin Express on se doit d’en connaître les règles et de les respecter. On peut voir que dans chacune des saisons précédentes plusieurs ralentisseurs ont refusé de partir avant le passage de leur binôme. Ce fût également mon cas, sauf que la réaction des mes concurrents fût cette fois beaucoup plus violente car ils avaient trouvé une astuce me faire avancer sans me faire éliminer et que je l’ai rejetée. Cette astuce était simple. Ils avaient décidé de ne pas respecter les règles de l’étape et de ne pas se ralentir entre eux afin que Marlène et Corinne arrivent en dernière position. Mais même si je n’étais pas leur cible désignée je ne pouvais moralement pas laisser passer ça. Hélas ils ne l’ont pas comprit. De plus je jouais tout de même ma tête puisque rien n’était acquit pour Christopher.

Comment l’un et l’autre avez-vous vécu cette étape mixée ?

Anthony : Ce fût une étape difficile parce qu’elle a mis à jour certains comportements peu reluisants. Mais je crois que ces comportements, qui ne sont apparus qu’en période de crise, sont loin d’être représentatifs des personnes avec qui j’ai eu l’occasion de vivre cette magnifique aventure. Qu’il s’agisse d’Albert, de Jacky, ou bien de Marcelle, ce que je retiens avant tout ce sont de merveilleux souvenirs. Mes camarades sont magnifiques, je les aime profondément, et nous formons tous à ce jour une vraie grande famille unie par notre expérience commune.

Christopher : J'étais assez confiant. Avec Anthony nous nous étions fixée pour règle de suivre à la lettre celles du jeu, que nous soyons pousseur ou ralentisseur. Au final bien que la plupart des gens en arrivent à penser qu'Anthony a pu prendre son rôle trop à cœur il n'aura fait que s'en tenir aux règles et aura fait preuve de courage et d'une grande volonté face aux pressions des autres équipes. Je peux ajouter qu'à sa place j'aurais été bien plus dur à vivre car je n'aurais pas bougé d'un pouce. Alors qu'Anthony subissait cette pression, de mon coté je ne rencontrais que peu de résistance de la part de Corine qui devait me ralentir, tout du moins tant que nous ignorions que sa sœur Marlène était en dernière position. Dès qu'elle l'apprit elle se refusa à avancer. S'en suivie une fin de journée sans classement et la petite course aux photos du lendemain matin. Cette course a été pour moi le moment le plus stressant de toute l'aventure car notre avenir dans Pékin express ne reposait alors plus que sur mes épaules. C'était une pression à la fois grisante et étouffante. Cette étape aura été pour nous sans doute la plus dure mentalement.


Vous avez effectué un tour de France en stop avant de partir. Cela vous a t-il servi durant l’aventure ?

Anthony : Même si nous avons parfois manqué de chance voir d’atouts, je pense qu’il n’est pas galvaudé de dire que nous étions les meilleurs en stop avec Albert et Laurence. Nous connaissions les emplacements stratégiques, et notre technique était bien affûtée. Christopher allait au corps à corps avec les véhicules puis je les négociais en douceur. Rares sont les fois où nous avons eu à attendre plus de trois minutes avant de prendre la route.

Christopher : Lors de ce tour de France nous avons pu acquérir de solides connaissances et de l'expérience en auto-stop ce qui s'est avéré payant une fois lancés dans la compétition. Nous avons également appris à apprécier les paysages et les rencontres dans un temps bref, ce qui nous a permit de vivre pleinement et sas regrets l'aventure humaine qui nous était proposée.

Comment s’est déroulé votre retour en France ?


Anthony : Le retour en France c’est toujours quelque chose de particulier. Le choc culturel est saisissant et nous éprouvons dans les premiers temps une vraie répulsion envers ce système, entièrement soumis au phénomène de consommation, dans lequel nous vivons. Au-delà de ça une sensation de vide vient également nous envahir. Pendant plus d’un mois chaque seconde de notre temps était consacrée à quelque chose, au retour le temps libre nous ronge. Il également difficile d’imaginer que d’autres équipes poursuivent encore la route alors que nous sommes désormais hors jeu.

Christopher : J'avais hâte de retrouver ma famille car elle me manquait. Me retrouver dans une région du monde si éloignée de son foyer m'a permit de mettre en évidence les choses auxquelles je tenais le plus, et dans mon cas il s'agit principalement de ma famille. Au delà de cet aspect sentimental, résident les contrastes frappant entre les modes de vies occidentaux et ceux que nous avons pu rencontrer en Asie. A l'instant même de notre retour nous étions déjà assaillis par des milliers de publicités ainsi que part une multitude de services et divertissements. Le moindre supermarché de quartier me semblait un monument dédié à la consommation, et que dire des centres commerciaux... Je frôlais le dégout pour ce qui jadis me semblait normal. Une question me vient alors à l'esprit : Avons-nous réellement besoin de toutes ces choses? Je crois que ce genre de voyage permet d'élargir efficacement sa vision du Monde.

Concrètement, que vous a apporté cette aventure ?

Anthony : Ce que cette aventure m’a apporté, c’est un précieux temps de vie. Pékin Express n’aura duré qu’un mois dans le monde réel, mais dans notre monde intérieur il s’en sera écoulé cinq ou six. Ce condensé de vécu qui aura vu nos corps jouir d’une jeunesse éternelle en aussi si peu de temps, c’est juste magnifique. Aujourd’hui nous savons que nous pouvons vivre des centaines d’années, et qu’il ne tient qu’à nous d’en profiter. Si nos obligations nous immobilisent hélas sur Paris prêt de 10 mois par an, nous sommes en revanche désormais prêts à vivre les trois autres avec une intensité jamais connue. Ainsi nous repartons dès juillet sur les routes. Nous traverserons cette fois ci la France, l’Espagne, et l’Italie, toujours armés de nos pouces, d’une tente, et de quelques euros par jours. Au-delà de cette nouvelle vision quant à l’occupation de notre temps de vie, nous nous sommes également extrêmement enrichis des populations locales et des paysages des pays que nous avons traversés, tant sur le plan de la conscience que sur celui de notre imaginaire. Nous ne les oublierons jamais.

Christopher : Avant de partir pour Pékin express j'étais élève en prépa à l'Epsaa (une école d'arts graphiques et d'architecture), et j'éprouvais beaucoup de difficultés à me décider concernant mon avenir. J'hésitais entre l'industrie du divertissement et l'architecture. Ce que cette aventure m'aura avant tout apporté c''est une réponse à cette question grâce aux rencontres que j'ai faites lors de la traversée de ces quatre pays d'Asie. Ce qui m'attire dans l'architecture c'est ce que l'on appelle l'architecture de l'urgence, un corps spécialisé dans la reconstruction des infrastructures et de l'habitat dans des pays défigurés par la guerre ou par les catastrophes naturelles. Rencontrer les peuples d'Asie aura aussi été une leçon de vie. Ces gens se contentent de peu de choses et semblent heureux. Sans doute ont-ils beaucoup à nous apprendre.



Quel meilleur souvenir en gardez-vous ?

Anthony : Parmi tous les souvenirs que nous avons vécu, il en est un qui se détache véritablement du lot. Suite à la troisième étape au Cambodge nous attendions le classement depuis plusieurs heures dans la montagne du Wat Phnom Santuk, lorsqu’une moine est venu nous apporter des bonbons. Plus tard dans la soirée nous l’avons retrouvée dans la salle de prière où nous étions accueillis pour la nuit et nous sommes allés prier avec elle. Après ce moment de recueillement elle m’a appelé et m’a remis un grand sac contenant de nombreuses vivres issues des différents Sla Dak (les offrandes) qu’avaient reçu le temple. Elle m’a fait signe de ne les partager qu’avec Christopher et m’a alors demandé de l’appeler. Lorsqu’il est arrivé elle nous a remit deux lettres écrites en Khmer. Nous sentions toute sa bonté et sa générosité envers nous, mais nous n’avons pas pu échanger le moindre mot avec elle, pas même en Anglais. Nous l’avons tout de même chaleureusement remerciée et arrivés au Laos nous avons enfin pu faire traduire ses lettres. Sur la première elle nous écrivait qu’elle avait ressenti notre bonté, qu’elle nous considérait comme ses enfants, et qu’elle prierait les esprits de sa montagne pour qu’ils nous guident afin que nous allions le plus loin possible dans cette aventure. La seconde était une lettre de recommandation du Wat Phnom Santuk qui demandait à tous les Cambodgiens qui croiseraient notre route de nous apporter leur aide et leur soutient durant notre périple. Aujourd’hui encore, je suis ému lorsque je raconte cette histoire.

Christopher : Je suis partagé entre tellement de bons souvenirs qu'il m'est presque impossible d'en choisir un plus qu'un autre. Mais il est vrai que celui de la moine au Wat Phnom Santuk reste parmi les plus incroyables. Il est d'autant plus fort que c'est un souvenir que nous partageons Anthony et moi et qui nous lie.

Et votre moins bon souvenir ?

Anthony : Sans aucun doute la découverte de la charte éditoriale de l’émission. Pékin Express est une aventure fabuleuse et les 1500 heures de rush qui y ont été tournées permettaient d’en offrir un compte rendu juste et magnifique. Au lieu de cela nous assistons à une téléréalité des plus grotesques avec son lot de personnages caricaturaux, sa scénarisation à outrance, et sa mise en avant de tout ce qui peut faire de l’audimat au détriment de toute forme de conformité. C’est un réel manque de respect pour les équipes sur place dont le travail difficile mais acharné fût souvent remarquable, pour le public auquel on raconte ce que l’on veut, mais également pour nous les concurrents qui avons tant donnés durant cette aventure.

Christopher :
Ce sera sans doute nos rapports houleux avec une partie de la production, mais plus encore le montage peu ingénieux qui aura été fait de nos aventures ; un plus proche de celui d'une émission people que d'une véritable course dans laquelle se mêlent compétition et aventure humaine, découvertes de somptueux paysage et de peuples méconnus. On assiste ici à un enchainement répétitif de scènes où la scénarisation prend toujours le pas sur la réalité et ce n'est alors plus de la téléréalité, mais de la fiction, qui est servie aux téléspectateurs.

Selon vous, quelle est l’équipe qui a les meilleures chances de remporter cette 4ème édition de Pékin Express ? Pourquoi ?

Anthony : A ce stade de la compétition on peut dire que toutes les équipes ont de vraies qualités. Hocine et Seb ont un physique et un sens du contact assez inégalable. Albert et Laurence ont également de vrais atouts dans ces deux domaines. Caroline et Jean-Luc sont d’une complémentarité exemplaire, tout comme Jacky et Alexia, et Marcelle et Nicole.

Christopher : C'est difficile à dire car ils ont tous leurs atouts. Je ne saurai me prononcer en faveur d'une équipe en particulier et je pense au final que celle qui gagnera sera celle qui aura le plus souvent la chance de son coté.

Parmi toutes les étapes de cette 4ème édition, y en a-t-il une que vous rêviez particulièrement de réaliser ?

Anthony : Ayant quitté l’aventure juste avant Bangkok, ne pas avoir visité cette grande capitale asiatique est un peu frustrant. D’autant que le jeu de piste qui s’y préparait semblait particulièrement alléchant.

Christopher : En découvrant le parcours sur le bateau dans la baie d'Along je ne connaissais que très peu voir pas du tout les pays que nous allions traverser, néanmoins j'avais envie de voir les villages du Laos et j'ai été exaucé. J'aurai également aimer partir à la rencontrer des dragons de Komodo mais ce sera pour une prochaine fois.

Avez-vous une anecdote à nous raconter sur le tournage ?


Anthony : J’en ai des dizaines. Du tournage je retiens surtout l’esprit paradoxal. D’un côté la production qui nous poussait vers la compétition, et de l’autre, nous, les compétiteurs, qui nous la jouions colonie de vacances. Une vraie famille s’est créée durant cette aventure. Je me souviens des parties de loups-garous, des fous rires avec Hocine et Seb, des missions pour nous retrouver en cachette de notre nounou, ainsi que pour trouver de la nourriture par tous les moyens. Sur Pékin Express, nous nous sommes avant tout fait des amis.

Christopher : J'aurais énormément d'anecdotes à raconter mais j'ai envie d'insister une dernière fois sur le fait que nous étions tous amis même après la difficile épreuve des binômes mixés. Nous étions tous là bas à vivre et partager notre aventure au maximum. Les soirées que nous passions à jouer au loups-garous grâce au talent de maître du jeu d'Anthony et des cartes que j'avais dessinées pendant l'aventure en sont un symbole fort et inoubliable parmi tant d'autres.


Vous avez ouvert un blog consacré à votre aventure. Dites-nous en plus…


Suite à la diffusion de Pékin Express beaucoup de personnes nous ont interpellés, aussi bien dans la rue que via Facebook, et nous nous sommes à chaque fois arrêtés le plus longuement possible pour répondre à leurs questions. Après avoir eu la chance de vivre une telle aventure, nous estimons que nous avons aujourd’hui un devoir de transmission. Ainsi nous donnons rendez-vous à tous ceux qui souhaiteraient en apprendre plus sur Pékin Express, sur les pays que nous avons traversés, et sur le fait de vivre une grande aventure en stop à travers le monde, sur notre blog : http://christopher-et-anthony-pekin-express.blogspot.com/. Vous pourrez y trouver divers témoignages, interviews, récits, et photos, que nous dévoilerons petit à petit. Ce blog nous servira également de carnet de route durant la nouvelle aventure que nous vivrons cet été à travers la France, l’Espagne, et l’Italie. Pour nos supporters il existe également un groupe sur Facebook : http://www.facebook.com/group.php?gid=130064695401, nous remercions d’avance tous ceux qui s’y inscriront.


Anthony, après Pékin Express, est-ce que vous vous êtes mis au vélo ?

Anthony : Apprendre le vélo à 22 ans au Laos est une expérience assez atypique et véritablement unique dans ma vie. J'en garde un très bon souvenir et j'ai hâte d'arpenter à nouveau les routes de cette manière. J'espère que l'été que Christopher et moi nous apprêtons à passer nous en donnera plusieurs fois l'occasion.


Propos recueillis par Jean-Marc VERDREL, www.coulisses-tv.fr
Crédit Photos : M6 / Patrick Robert

dimanche 21 juin 2009

Interview

Christopher l'aventurier se confie sur son aventure



Comment, en quelques phrases, simplement en répondant aux questions que l'on me pose, faire ressentir et transmettre les choses que j'ai vécues là bas ? Que mes sentiments puissent être vôtres et cette expérience vous apporter autant qu'a moi-même ? Alors que je crois avoir réussi à mettre en mots ma première grande aventure il me suffit de me relire pour qu'évidemment il m' apparaisse que ce n'est pas le cas.
Cette aventure c'est la notre, nous ne pourrons pas la partager pleinement avec vous, c'est cette femme que l'on ne peut oublier, au caractère si marqué qu'elle vous change. Si vous l'écoutez elle pourra vous rendre meilleur et vous faire avancer, C'est elle que j'aimerais vous présenter et c'est une femme du même genre que j'aimerais que vous rencontriez.


« Je suis parti l'esprit partagé entre espoirs et doutes »


Pourquoi avoir voulu participer à cette 4ème saison de Pékin express ?


Christopher : Si j'ai décidé de me lancer dans cette aventure c'était pour répondre aux questions que je me posais. Elève dans une prépa d'arts graphiques, je n'étais alors plus certain de vouloir travailler pour l'industrie du divertissement. Le pôle architecture présent dans mon école m'attirait de plus en plus et les rencontres et informations au sujet de l'architecture de l'urgence avaient grandement participé à conforter mon intérêt pour cette profession. C'est alors que s'est présentée cette occasion unique, nous étions sélectionnés pour Pékin express 4. J'hésitais. Je devais faire un choix. Sacrifier ma prépa en acceptant de partir pouvait me permettre de répondre à mes questions. J'allais enfin pouvoir observer de mes propres yeux ce qui ne m'était jusqu'à présent parvenu qu'au travers d'émissions télévisées et donc forcément scénarisées. C'était pour moi l'occasion de rencontrer ces populations avec lesquelles je voulais de plus en plus travailler. Je suis parti l'esprit partagé entre espoirs et doutes.


C’est la première fois que vous quittiez la France, comment l’avez-vous ressenti ?


Christopher : Je prenais l'avion pour la première fois. Je n'avais jamais quitté la France si ce n’est pour quelques pas en Belgique. Dès l’atterrissage au Vietnam j’ai pu constater de réelles différences entre ce pays et la France. L'air lourd, humide et chaud en cette fin de mousson, et le soleil éblouissant qui irradiait nos corps, rendaient chaque pas presque éprouvant.
Ces mêmes conditions étaient toujours réunies à l'annonce du parcours et j’avais parfois la sensation de rêver sur cette jonque dans la baie d'Along. Les dix équipes étaient réunies et prêtes à démarrer la course. Nous allions devoir traverser cinq pays, une première pour l'émission. Le Vietnam, pays de départ puis le Cambodge, le Laos, la Thaïlande et enfin l'Indonésie qui devait clore le périple des plus chanceux. Nous irons finalement jusqu'en Thaïlande, et il est certain que chaque pays m'aura apporté quelque chose de singulier au fil de ces sept étapes.


« Il est difficile de partager ce sentiment »


Commençons par le Vietnam, qu’y avez-vous découvert ?


Christopher : Au Vietnam ma première découverte fût la manière de conduire des chauffeurs, tout en klaxon et changement de file, serpentant de gauche à droite sur la route. Les véhicules se frôlaient en contre sens et je ne pouvais m'empêcher de penser aux accidents qui semblaient à chaque fois inévitables. Puis l'on s'y habitue et cela devient un jeu de regarder la mort nous foncer dessus et notre pilote l'éviter de justesse, saluant les automobilistes et les autres pilotes de bus à grand renfort de klaxons. Ces hommes avaient l'air de s'amuser et par la même nous émerveillaient. Mais au-delà de cette manière de conduire il y avait les paysages. Alors que nous traversions les montagnes en moto sur des chemins boueux et inondés à flanc de montagne, nous pouvions admirer en contrebas la jungle recouverte de brume. Cela restera pour moi l'un des plus beaux paysages de l'aventure. Casque sur le crane j'observais ce tableau naturel avec fascination et désir. Devant moi, de l'autre coté de la vallée brumeuse, se jouait le spectacle d’un ciel en coton mouillé et aux larmes d'encre bleu filtrant les faisceaux de lumière venus balayer les reliefs oscillants de ces montagnes sauvages qui m'apparaissaient alors majestueuses. La danse des éléments continuait alors que les nuages se mêlaient aux vapeurs de la vallée et prenaient vie en un dragon vaporeux fondant du ciel vers la terre. Difficile de partager ce sentiment et il en aura été de même pour chacun des paysages extraordinaires que nous aurons pu découvrir.


Comment s’est passé le contact avec les gens qui vous ont aidé dans cette aventure ?


Christopher : Je me souviens de la première nuit passée chez l'habitant. Cette famille vietnamienne nous accepta chez eux et nous offrit le gîte et le couvert très naturellement, allant jusqu'à nous céder la seule chambre de la maison. La femme nous préparait à manger alors que nous discutions avec son mari. Il connaissait quelques mots en français, mais c'est avec le langage universel du sourire et des gestes qu'il nous offrit du thé et des gâteaux pendant que je montrais mes carnets de croquis à sa famille. Comment réagir face à ces élans de générosité ? Les maîtres mots restaient cam on, merci en vietnamien, mais je voulais faire plus. J’ai donc esquissé un portrait de la mère de famille aux traits tirés et aux rides marquant profondément son sourire, puis deux portraits, le chef de famille et le petit dernier. A mesure que j'arrachais les pages de mon carnet de croquis pour leur offrir je sentais ce sentiment de satisfaction m'emplir. Ils avaient l'air heureux de recevoir ces portraits et me donnaient alors la sensation de leur avoir apporté quelque chose à mon tour. Une chose qui se situait au delà de la distraction de recevoir chez eux un étranger aux cheveux crépus et à la couleur de peau inhabituelle. Après cette première soirée chez l’habitant c’est toujours sur cette même tonalité que s’est déroulée l’ensemble de mon aventure. Chaque journée ayant son paysage magnifique, ses sensations inédites, ou ses rencontres inoubliables. Et des journées nous en avons vécues de Paris à Sukhothai, je pourrais en parler pendant des heures sans jamais tarir.



« Les maîtres mots restaient cam on »


Comment s’est déroulée la course avec les autres concurrents ?


Christopher : La course restait une priorité pour la simple et bonne raison que si nous étions éliminés il ne nous serait pas possible de voir l'étape suivante. A partir de ce constat il était évident que nous devions nous montrer comme des compétiteurs et c'est ce que nous avons fait. Au départ cela nous aura valu une mauvaise image mais dès lors que nous avons pu nous expliquer avec ceux qui sont aujourd'hui nos amis il n'y eu plus de soucis, excepté bien sûr lors de l'étape des binômes mixés. Il est certain que c'était une compétition avec des règles que nous avons respectées et avec une certaine réussite puisque nous somme arrivés jusqu'à la septième étape.
La course en elle même était souvent grisante. Dans les moments de doutes, alors qu'on ne connait pas notre position et que l'on dépasse un binôme ou que l’on se fait dépasser par un autre c’est toujours une émotion intense à vivre. Mais l'essentiel, mon moteur, ce n'était pas la course mais ce qu'il y avait autour. Je ne perdais pas une miette de ce qui m'entourait. J'étais là bas pour observer et avec des attentes spécifiques. Chaque candidat avait d'ailleurs ses raisons de participer à cette aventure mais au delà de ça nous avions tous des points et intérêts communs. Le plus évident restait celui qui allait nous lier et que nous vivions chacun à notre façon en binômes : avoir vécu cette aventure ensemble. Cela nous a à tous énormément apporté.


Avez-vous un souvenir qui vous tient particulièrement à cœur ?


Christopher : La rencontre avec cette moine au Wat Phnom Santuk m’a particulièrement frappé. Elle nous a offert des bonbons alors que nous attendions dans la montagne, puis j'ai pu la dessiner elle et les autres moines du monastère pendant leur prière. J’était ému lorsqu'elle apporta mon dessin a celui qui semblait être le moine en chef. C'est plus tard dans la soirée qu'Anthony vint me chercher et qu'elle nous offrit de la nourriture et des prières. Nous les avons faites traduire et il s’agissait de bénédictions à notre intention. Puis un autre lieu dans lequel nous avons fait d’autres rencontres, village perdu dans les montagnes du Laos. Là encore nous avons été accueillis pour la nuit, très chaleureusement. J'ai retenu ce village pour son caractère moyenâgeux et la simplicité de vivre qui s'en dégageait. Les enfants jouaient avec des toupies qu'ils fabriquaient eux mêmes en les taillant dans des buches de bois. Il n'y avait pas d'autres commerces qu'une petite échoppe et un petit bar tous deux en bois et feuille de palmier. L'atmosphère très communautaire de ce village était particulière et unique. Néanmoins, signe du temps, dans la grande maison où nous avons dormi, la plus grande pièce à laquelle était accolée la cuisine et son feu de bois servait à la fois de chambre, de salon et de salle de projection. Il y avait en effet une télévision et un lecteur de dvd avec karaoké, encore un contraste frappant.


« Pékin Express a été une grande aventure spirituelle »


Comment résumer votre aventure en quelques phrases ?


Christopher : Pékin express 4 a été pour moi une grande aventure spirituelle et physique au cours de laquelle j'ai parcouru avec mon ami Anthony quatre pays. J'y ai rencontré des gens extraordinaire de part leur hospitalité et leur joie de vivre avec les conditions qui sont les leurs. J’y ai vu des paysages fabuleux que je n'aurais pas imaginés. Et je me suis fait de nouveaux amis et camarades avec lesquels j'ai été heureux de partager cette aventure unique.




vendredi 5 juin 2009

Interview


Anthony de Pékin Express revient sur son aventure



Compétiteurs acharnés de la baie d’Along au Vietnam jusqu’à leur défaite à Sukhothai en Thaïlande, on peut dire que Christopher et Anthony n’auront jamais démérité dans cette nouvelle aventure de Pékin Express. Avec Anthony, nous revenons sur un parcours riche en émotions qui leur aura fait visiter quatre pays et partir à la rencontre de nombreuses civilisations parmi les plus reculées. L’ami de Christopher, qui, il y a tout juste deux ans, a perdu 60 kilo, et s’est préparé avec lui en faisant le tour de France en stop l’été dernier, nous parlera aussi de ses relations avec les autres binômes, de son apprentissage du vélo au Laos, et nous racontera également ses plus beaux souvenirs de la course.

« On a voulu être raccord avec Camélia-Jordana ! »

Anthony, pas trop déçu d’avoir été éliminé lors de cette septième étape ?


Anthony : Pas du tout, on a voulu être raccord avec notre Nouvelle Star, Camélia Jordana. Etre éliminés de notre téléréalité la même semaine qu’elle, c’est la plus belle marque de soutient qu’on pouvait lui donner. Et puis, comme j’ai eu l’occasion de le dire en plateau, on a déjà vécu tout ce qu’il y avait à vivre en participant à ce Pékin Express. Nous avons parcouru quatre des cinq pays de la course, rencontré de nombreux habitants qui nous ont accueillis, aussi bien chez eux que dans leur voiture, remporté une épreuve d’immunité, et une amulette, de la plus belle manière qui soit. Nous nous sommes fait de nombreux amis parmi nos concurrents, nous avons dormi dehors, mangé des araignées… Bref que nous restait-il à voir, si ce n’est, hélas, la finale ?


Au delà du simple plaisir de l'aventure, vous sembliez tout de même être de vrais compétiteurs.


Anthony : En effet, en nous engageant pour Pékin Express nous savions qu’il s’agissait d’une compétition sérieuse que nous devions jouer de manière fairplay et loyale. Lors du casting final, la directrice de casting avait pourtant pour seule crainte que nous ne soyons pas suffisamment axés compétition. Dès le départ nous avons donc eu à cœur de lui prouver le contraire.


Certains, aussi bien parmi vos concurrents, que dans le public, semblent ne pas avoir approuvé vos méthodes.


Anthony : C’est parce qu'à la télévision, et plus précisément dans la téléréalité, qui semble être la moins sérieuse des programmations, la notion de fairplay est une notion qui se perd un peu dans celle du copinage. Ce que je veux dire par là, c'est que par soucis de proposer une gentille fiction, on sentimentalise à tort ce qui n'est pourtant qu'une simple compétition avec des règles à appliquer. Si nous sautions sur toutes les voitures et ne les négocions que pour nous, c’était non seulement par souci de victoire, mais aussi pour une évidente raison de fairplay : avantager certains binômes en les aidant aurait constitué un désavantage certain pour ceux que nous n’aurions pas aidé. Personne lors d’un marathon ne s’arrêterait pour porter sur son dos un concurrent essoufflé, cela n'aurait pas de sens, et cela serait d’ailleurs lui manquer de respect. Je pense qu’à ce niveau là nous n’avons pas démérité.

« Le jeu a prit l'allure malsaine d'un Koh Lanta »

Lors de la cinquième étape, celle du mixage des équipes, peut-on dire que ce comportement vous a porté préjudice ?


Anthony : Connaissant bien le programme, j’avais mis en garde mes camarades dès le premier jour en leur disant qu’il ne fallait surtout pas sentimentaliser cette étape et garder à l’esprit que l’on devrait tous jouer le jeu sans s’en tenir rigueur après coup. Cette étape n’était scénaristiquement destinée qu’à créer des tensions et des rivalités au sein du groupe et ce piège me semblait évitable si tout le monde y allait en ayant bien conscience de la chose. Hélas, c’est là que les effets pervers du copinage se sont fait ressentir. Quatre binômes ont refusé de respecter les règles en ne se ralentissant pas. Le fairplay invoqué par ces binômes n’avait rien à voir avec leur véritable stratégie qui consistait simplement à ne pas se ralentir afin que Marlène et Sébastien arrivent en dernière position. Dès lors, le jeu n’avait plus rien d’une compétition saine, mais prenait plutôt des allures de Koh Lanta. On choisissait le binôme avec lequel on avait le moins d’affinités et on l’éliminait.


Comment l'avez-vous vécu ?


Anthony : J’appréciais tout le monde, donc ça me faisait de la peine, autant pour Marlène et Corinne que pour mes camarades qui montraient les plus mauvais côtés de leur débordante humanité. Les insultes d’Albert que l’on a vu au matin du troisième jour étaient sans commune mesure avec celles qu’il a prononcées le soir du deuxième jour et qui n’ont pas été montrées lors du montage final. Maintenant il faut aussi savoir que mon entêtement était loin d’être uniquement lié à l’absence de fairplay de mes camarades. Christopher était derrière et je jouais également ma tête, il ne faut pas l’oublier. Mais ce qu’il faut surtout retenir, et que je tiens absolument à mettre en avant dans cette interview, c’est qu’aujourd’hui tous mes camarades et moi-même sommes réconciliés. Nous avons vécu ensemble une grande aventure, et forcément ça forge des liens. J’en viens même parfois à regretter mon comportement lorsque j’ai taquiné Jacky au départ en allant flâner dans les magasins et les salons de massages. C’était maladroit, et même si ça passe mieux à l’écran que d’être cash, j’aurais du être plus franc dès le départ pour ne pas créer cette rupture de tension.

« Vivre une grande aventure ensemble ça forge des liens »


Vous dites avoir tissé des liens étroits avec vos compagnons de route, pouvez-vous nous dévoiler la nature de ces liens ?


Anthony : C’est compliqué car il faudrait parler de tout le monde un par un. Jacky est sans doute l’homme qui m’a le plus touché. Il est venu faire Pékin Express en touriste et se fichait éperdument de la compétition. Tout ce qui comptait pour lui, c’était d’aller à la rencontre des gens. C’est aussi un compteur d’histoires fabuleux, doublé d'un vrai poète. Il est d’une humanité transcendante. Ayant pour ma part grandi sans père j’ai souvent pensé qu’il aurait pu être pour moi une figure paternelle incroyable. Et comment parler de papa sans parler de maman. Dans cette aventure il y a l'inoubliable Corinne. Nous ne venions pas du même milieu et n’avions certainement pas le même âge mais une réelle amitié est pourtant née entre nous. L'affection que nous nous portons aujourd'hui est proche de celle qui peut exister au sein d’une relation mère-fils et je la revois encore sur Paris dès que j’en ai l’occasion. Après la famille on peut également parler des amis. Hocine, Seb, et Caro. Dès que la compétition s'arrêtait, Christopher et moi passions tout notre temps avec eux. Ce sont vraiment d’excellents amis avec lesquels on peu déconner et philosopher dans le même quart d'heure. J’ai aussi beaucoup d’affection pour Jean-Luc, d'une sincérité et d'une loyauté rare, ainsi que pour Marcelle et Nicole, et j’ai même par moment un peu craqué pour Alexia. Vous voyez, Pékin Express en définitive c'est un peu une grande famille. On a nos moments de tensions, mais pour finir on s'aime tous. Et j’en profite pour embrasser Pauline, et Albert dont l'amour pour Laurence est une vraie source d'inspiration pour tous !


Au-delà de l’aventure humaine au sein du groupe, à quoi ressemblait celle que vous avez vécue avec les locaux ?


Anthony : Comme vous le savez sans doute, Christopher et moi nous sommes préparés pour Pékin Express en faisant le tour de France en stop durant une semaine du mois d'août 2008. Mais lors de ce tour de France nous étions loin d’avoir vécu l'expérience proposée par Pékin Express dans son entiereté. Mis à part les un euro par jour que nous dépassions régulièrement, nous n’avions qu’une tente pour dormir, sur les ronds points, dans les champs, sur les aires d’autoroute, un peu partout… Dans Pékin Express, ce fût différent. L’unique euro dont nous disposions nous obligeait en permanence à aller au contact des locaux. Un contact que nous étions de toute façon venu chercher et qui s'est avéré réellement enrichissant tant chaque rencontre fût différente. Il y a eu ce premier grand père au Vietnam qui nous parlait des français qu’il avait du tuer pendant la guerre, mais qui nous souriait tendrement et posait sa main sur nos genoux en nous resservant du thé. Il y a aussi eu cette famille aisée, dont le jeune fils parlait français, qui nous a payé un bus VIP et nous à offert des frites à déguster à la baguette parmi d’autres mets plus typiques, mais il y a eu également une autre rencontre. Celle là représente sans doute notre plus beau souvenir du voyage.


Et bien justement, racontez-nous votre plus beau souvenir.


Anthony : Suite à la troisième étape nous attendions le classement depuis plusieurs heures dans la montagne du Wat Phnom Santuk, lorsqu’une moine est venu nous apporter des bonbons. Plus tard dans la soirée nous l’avons retrouvée dans la salle de prière où nous étions accueillis pour la nuit et nous sommes allés prier avec elle. Après ce moment de recueillement elle m’a appelé et m’a remis un grand sac contenant de nombreuses vivres issues des différents Sla Dak (les offrandes) qu’avaient reçu le temple. Elle m’a fait signe de ne les partager qu’avec Christopher et m’a alors demandé de l’appeler. Lorsqu’il est arrivé elle nous a remit deux lettres écrites en Khmer. Nous sentions toute sa bonté et sa générosité envers nous, mais nous n’avons pas pu échanger le moindre mot avec elle, pas même en Anglais. Nous l’avons tout de même chaleureusement remerciée et arrivés au Laos nous avons enfin pu faire traduire ses lettres. Sur la première elle nous écrivait qu’elle avait ressenti notre bonté, qu’elle nous considérait comme ses enfants, et qu’elle prierait les esprits de sa montagne pour qu’ils nous guident afin que nous allions le plus loin possible dans cette aventure. La seconde était une lettre de recommandation du Wat Phnom Santuk qui demandait à tous les Cambodgiens qui croiseraient notre route de nous apporter leur aide et leur soutient durant notre périple. Aujourd’hui encore, je suis ému lorsque je raconte cette histoire.

« Pékin Express c’est plus d'une anecdote par jour »

Avez-vous d’autres anecdotes aussi saisissantes ?


Anthony : Avec Pékin Express c’est au moins une anecdote par jour si ce n’est plus. Je me souviens par exemple de la tarentule que j’ai mangée. Lorsque l’épreuve a eu lieu je n’en avais vraiment pas envie et mes camarades sentant ma répulsion m’avaient laissé en arrière dans la file. Presque par chance mon équipe a perdu au moment où mon tour arrivait. Je ne me suis pourtant pas dégonflé. Malgré l’absence d’enjeux j’avais finalement envie de vivre la même expérience que les autres, j’étais venu sur Pékin Express pour ça, mais j’avais également envie de prouver ma solidarité envers le groupe. J’ai donc attrapé ma tarentule et je l’ai croqué d’un coup sec. Je me souviens également des longues parties de loups-garous auxquelles nous jouions lors des « tent camp », j’avais découvert ce jeu lors de mon job d’animateur à Sanary-sur-mer, et visiblement, il a eu du succès. Et puis, j’ai également appris, à 22 ans, à faire du vélo au Laos. L’idée de pouvoir un jour raconter ça à mes petits-enfants, ça n’a pas de prix.


Un mot de conclusion pour ceux qui aimeraient eux aussi tenter de s’inscrire pour Pékin Express ?


Anthony : Surtout, partez en ayant bien conscience des choses, de l’aventure et de ses à côtés. Soyez à la fois lucides et innocents. Profitez de chaque jour là bas comme si c’était votre dernier jour de course. L’aventure est belle, les paysages magnifiques. Les gens sont souvent d’une extraordinaire chaleur humaine, et vous n’aurez que rarement l’occasion de vivre une telle compétition à travers le monde. Pour ceux qui hésitent encore et qui, finalement, ne franchissent pas le pas, par peur de ne pas être sélectionnés, je ne vous dirai qu’une chose. Remplir le dossier sérieusement ne prend pas plus d’une demi-heure, et après tout, on ne sait jamais. Peut-être qu’on vous rappellera ?